Salon du Livre, en flashback
La première fois que j'ai tenté le Salon du Livre, c'est l'an 2000, j'avais 21 ans, en dernière année d'e licence à Columbia, j'avais fait plusieurs stages dans l'édition à NY, et j'envisageais une carrière dans l'édition, à Paris, si possible. Je me considerais un "insider" de l'édition en quelque sorte, même si j'occupais un rang très bas. Mais je n'ai même pas réussi à franchir le seuil: j'ai vu comment c'était énorme, je me disais que je n'avais rienà faire là-dedans, et j'ai fait demi-tour et regagnais le métro. Cette nuit-là j'ai pris la décision de rester à NY après l'obtention de mon diplôme. Je n'ai rien à faire ici, je me disais.
Fast forward 8 ans. J'ai 29 ans, j'ai travaillé dans l'édition à NY, c'était bien mais pas satisfaisant, j'ai commencé mes études de doctorat, ce qui sont très très bien et presque satisfaisant, j'ai écrit un roman, c'ést satisfaisant, je travaille en pigiste et ça paie le loyer. Je ne sais plus ce que c'est un "insider," je ne pense pas que ça existe, car il n'y a pas de centre, nulle part. C'est juste un énorme système dont je fais partie. J'ai approché le Salon du Livre ce weekend, avec invitation un jour, sans invitation le jour suivant, j'ai franchi le seuil, j'ai assisté à quelques lectures et débats, et j'en ai tiré un article pour le National Book Critics Circle aux US. Le voilà.
Et maintenant le bar a été elevé. D'ici quelques années, peut-être la parution française de mon propre travail? On verra...

